Lucie Boudesseul remet l’ouvrage sur le métier

“Mon objectif c’est clairement le titre, donc faire plus de podiums et prendre les courses les unes après les autres.”

Élue rookie de l’année 2025, la Rochelaise devenue pilote officielle du GMT 94, s’élance cette année à la conquête du titre de championne du monde du superbike féminin (World WCR).

Lucie Boudesseul, seulement âgée de 22 ans, c’est avant tout une tête bien faite dans une tête bien faite. Pour sa première participation en 2025 à la seconde édition du championnat du monde du superbike féminin (World WCR), la jeune femme a terminé à la sixième avec notamment deux podiums, dont un Magny-Cours (Nièvres). Rencontre avec celle qui a été la première Française de l’histoire, à monter sur un podium de moto vitesse international.

Pitlane & Paddock

Quel bilan faite vous de votre première saison en championnat du monde du superbike féminin (World WCR) ?

Lucie Boudesseul

Que du positif. J’ai fait deux fois troisième sur les 12 courses que compte le championnat réparties en six meetings. J’ai bénéficié du soutien du GMT 94 et déclarée rookie de l’année par la Dorna (l’entreprise est détentrice depuis les années 90 et 2000 des droits Moto GP, Moto 2 et Moto 3 N.D.L.R). Certes ce n’est que symbolique, mais c’est très important pour mes partenaires.

Il est bon de rappeler que ce championnat se dispute sur des motos monotypes, Yamaha R7, fournies aux pilotes par les organisateurs. Tout comme les consommables, pneumatiques, carburant, etc.

Pitlane & Paddock

Quelles sont vos ambitions pour 2026 ?

Lucie Boudesseul

Déjà je suis devenue pilote officiel du GMT94. Le team n’a que trois pilotes officiels : deux garçons en championnat du mode super sport, et moi qui suis la seule fille. En 2026 je vais bénéficier d’un ingénieur datas qui me sera entièrement dédié. Et comme en 2025 il faudra aller chercher les Espagnoles. Mon objectif c’est clairement le titre, donc faire plus de podiums et prendre les courses les unes après les autres. Je regrette que les organisateurs aient retiré Magny-Cours du championnat. Il n’y aura pas de manche en France cette année.

Pitlane & Paddock

Que vous a-t-il manqué pour entrer dans le top 5 mondial, voire mieux ?

Lucie Boudesseul

J’ai eu la chance d’avoir un mulet quasi à l’identique de la moto fournie par l’organisation. Mais hélas, j’ai dû multiplier les kilomètres pour aller m’entraîner gratuitement sur le circuit Carole (Seine-Saint-Denis). Je n’ai pas réussi à trouver un arrangement avec celui de Fontenay-le-Comte (Vendée). J’espère que ce sera possible cette année quitte à monter une opération de communication réservée aux médias, qui pourra faire la promotion de ce circuit à moins d’une heure de La Rochelle.

Pitlane & Paddock

À quoi avez-vous occupé votre saison hivernale ?

Lucie Boudesseul

Je suis allée rouler en Espagne et au Portugal. C’est positif. Les chronos sont bons. La Fédération Française de motocyclisme s’investie à mes côtés. Elle a créé une équipe de France féminine dont je fais partie.

Pitlane & Paddock

Et vos objectifs à plus long terme ?

Lucie Boudesseul

Accéder à un championnat mixte comme la Moto 2.

Le règlement autorise la participation des femmes.

Pitlane & Paddock

Comment vous les femmes êtes-vous perçues dans

les paddocks ?

Lucie Boudesseul

Nous sommes de plus en plus respectées par les pilotes masculins. Ceux du super bike regardent nos courses. Pour la petite histoire, j’ai reçu un SMS de Johann Zarco il y a quelques semaines pour m’inviter à une cession de roulage avec lui à Carthagène (Espagne). C’était en Espagne et j’étais la seule fille.

Elles seront 24 à en découdre cette année pour la troisième saison du championnat du monde du superbike féminin (World WCR), avec un numéro 94 à surveiller de près : celui de la Charentaise-Maritime Lucie Boudesseul.

Yannick Picard

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