Claude Joussemet, 31 ans de rallyes au compteur et une belle amitié à la clef Quinze ans après avoir raccroché le casque, cet inconditionnel de la marque au Losange et des Alpines, porte un regard bienveillant sur une époque révolue où l’amitié n’était pas un vain mot. Croiser la route de Claude Joussemet ne peut laisser indifférent. Une de ces rencontres qui font partie de ces moments privilégiés que réserve encore la profession. Elles pourraient se résumer à chaque fois à : tout le monde à une histoire à raconter. Pour peu que l’on veuille bien prendre le temps de l’écouter. Eh quelle histoire que celle de l’ancien boucher charcutier du village de Bords, aussi a l’aise dans le maniement de la feuille que du talon pointe. Tout débute par la naissance de Claude Joussemet en 1950, « j’ai toujours eu un moteur dans le ventre ». Le ton est donné, l’ami Claude vous sert un café avec les petits gâteaux qui vont avec (il insiste N.D.L.R), avant de poursuivre, « à l’âge de 6 ans ½ je sortais la C4 de mon père du hangar. J’étais debout. J’avançais et je reculais ». Déjà le minot regardait passer le rallye d’Automne, la nuit entière, le temps de la durée de l’épreuve dans le village d’Archingay. Lui qui voulait devenir mécanicien terminera boucher à cause d’un tour de cochon joué par un apprenti du village de Bords. Quelques années plus tard, « j’ai acheté ma première 4L. Je n’avais que 16 ans et pas le permis. Alors je l’ai revendu ». Puis ce sera une C4 à une vieille dame du village, « elle ne s’en servait que pour aller à la messe le dimanche ». Avant de passer et d’obtenir le permis de conduire à 18 ans et 4 jours, « je n’avais pris que 3 leçons ». 28 participations au rallye d’Automne Une seconde tournée de petits gâteaux avant d’évoquer la suite, « j’ai eu 3 Mini dont une Cooper S. Les autres n’allaient pas assez vite ». Avant de réellement mettre le pied dans le monde du sport automobile en 1975 avec une première participation au rallye d’Automne pour naviguer Jean-Michel Amy au volant d’une Berlinette, « j’ai appris sur le tas. La météo était exécrable. Les voitures montaient aux arbres. Nous avons terminé 3e de groupe et 6e au général ». Puis Claude Joussemet enchaînera 27 autres participations au rallye d’Automne tour à tour en tant que pilote ou copilote, « c’était pour la passion ». Comme celle pour les Alpines et le Renault 5 Turbo, « j’ai acheté ma première Alpine 1600 SC pour courir en groupe 3 ». Claude Joussemet la revendra en 1982 pour acheter sa première 5 Turbo. Avec entre les deux, des reconnaissances mémorables et à l’oreille, « j’enregistrais le son du moteur avec un magnétophone à cassettes. Le soir je réécoutais. Je savais parfaitement où on était pour écrire mes notes. Ça s’entendait bien dans les cornets ». Une époque où les équipages pouvaient se partager volant et baquet de copilote au cours de la saison. « Nous sommes montés à 6 mètres de haut » Là il est temps de passer dans ce que le passionné de la marque appel son petit musée. Tout d’abord une caisse de Maxi avec une mécanique Tour de Corse. Et pourtant un paradoxe, « j’adore la mécanique, mais je n’y connais rien et ça m’énerve ». La belle en impose, « pièces Renault Sport et préparation moteur Fresneau. Elle a vu passer 4 moteurs différents. Celui-ci fait 338 cv. Sa dernière course était celle des Remparts à Angoulème en 2017 ». Et un crash monumental lors du rallye de, « je pilotais. Nous sommes montés à 6 mètres de haut. J’ai perdu mon casque. J’ai senti le froid dans mon coup ». Aux côtés de la bête entièrement reconstruite, une turbo 2 dans une livrée unique, une Alpine V6 turbo Le Mans produite qu’à 89 exemplaires, une Berlinette 1600S, une Clio V6 Phase II et la dernière Alpine (Claude Joussemet a été un des premiers à la recevoir en Charente-Maritime N.D.L.R). Particularité de ce parc hors norme, toutes sont signées de la pâte de Jean Ragnotti. 5 minutes de pénalité La seconde partie de l’histoire, se poursuit à l’étage du musée. Une véritable auberge Espagnole du monde rallye de ces 50 dernières années où se mêlent miniatures à gogo, revues d’époques, et combinaisons de pilotes au parfum de l’Automne. « En 1990, les organisateurs cherchaient une notoriété à faire venir. Renault Sport nous avait dit que Jean (Ragnotti N.D.L.R) n’était pas disponible. Ils m’ont proposé Christophe Dechavanne. Je n’en ai pas voulu », confie Claude Joussemet. Ce sera donc Alain Oreille double champion du Monde des rallyes en groupe N sur sa Renault GT turbo qui viendra faire une pige au volant de la 5 turbo Tour de Corse de Claude. Lui était aux notes. Là aussi un sacré souvenir, « nous étions en tête, lorsqu’un commissaire nous a fait pointer trop tôt. Je lui en veux encore. Nous avons pris 5 minutes de pénalité. J’étais en colère je tapais à coups de pied sur un poteau en béton. C’est son épouse Sylvie qui est venue me retenir ». L’équipage Oreille Joussemet prendra finalement la 25e place du rallye. Deux ans plus tard ce sera au tour de Sylvain Polo de s’aligner au départ de l’Automne avec l’auto de Claude Joussemet, « nous avons cassé ». Suivront le Monte-Carlo 1993 avec une Clio Groupe A piloté par Sylvain Polo, et le Tour de Corse deux ans plus tard avec Michel Hayet. « Le litre de rouge, le saucisson et le Ricard » Puis en 2000 débutera l’ère Ragnotti et depuis une amitié indéfectible entre les deux hommes est née, « le courant est tout de suite bien passé. Jean est un pilote qui aime son public. D’ailleurs je ne vois pas avec qui ça ne pourrait pas passer avec lui ». Au cours des 6 années qui ont suivi, les deux amis ont sillonné les petites routes de l’Automne